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  • Gary ozeray

Envie d'évasion?

En cette période ou chacun rêve d’évasion, j’ai eu envie de partager avec vous, une de mes plus belles sorties de l’hiver. De la haute montagne dans le massif du Mont blanc, des conditions de neige extraordinaires. Embarquons ensemble pour Brèche Puisseux.


Nous sommes en mars à Chamonix, au pied de l’aiguille du midi, il est 7h30 du matin.

Beaucoup d’alpinistes se sont donnés rendez-vous ce matin là pour partir à l’aventure. Un mélange d’excitation et de tension est palpable… Le cliquetis des mousquetons et broches à glace pendus sur les baudriers résonne autour de nous.


Grâce au téléphérique, en quelques minutes nous avons cette sensation magique d’être propulsé à 3800 mètres d’altitude dans un univers glacial et minéral.

Aujourd’hui, le temps est mitigé, il neige encore d’ailleurs sur les reliefs, alors que la vallée au loin est déjà plongée dans le soleil.


Arrivés sur l’épaule, nous mettons rapidement nos skis. Face à nous, l’ensemble des principaux sommets majeurs des Alpes avec notamment les Grandes Jorasses, la Dent du Géant et le Mont Blanc…

Les premiers virages à cette altitude nous redonnent le sourire, la neige est froide et légère. Et pour nous écarter de la foule, nous partons sur une variante de la vallée blanche: LE PETIT ENVER.


Un itinéraire relativement direct entre l’aiguille du midi et « la salle à manger » au plus prés des crevasses et séracs.

Arrivés à la base du glacier des Périades, il est temps pour nous de mettre les peaux et de remonter les 1000 m de dénivelé qui nous séparent du col. Nous progressons assez vite et le temps défile sous nos spatules. J’aime cette sensation de plénitude, ou nos pensées sont absorbées par le panorama qui nous entoure. La dent du géant nous surplombe, comme une épée déchirant le ciel.



Après deux heures de montée, nous arrivons au sommet du glacier. Changement de configuration. Un couloir raide se dresse devant nous, et c’est crampons aux pieds que nous remontons la pente, pas à pas, à notre rythme. Les marches creusées par la cordée précédente facilitent notre progression, mais ici plus qu’ailleurs la concentration reste de mise.





Les ultimes mètres sous le col sont les plus excitants et nous arrivons sur une zone très effilée où tenir debout nécessite beaucoup d’équilibre. Il s’agit d’un moment unique qui procure beaucoup d’émotion pour la cordée. Un instant où on ne se sent plus que jamais vivant.

Perchés sur notre petit col qui débouche du couloir, il faut maintenant prendre pied sur le glacier opposé. Un petit rappel d’une longueur de corde fera largement l’affaire.



Le cadre est féerique et nous sommes hypnotisés par l’immense face nord des grande Jorasses qui nous observe. Une partie de l’histoire de l’alpinisme s’est écrite ici. Il s’agit d’une gigantesque muraille de 1200m de haut jusqu’au sommet de la pointe Walker, gravie pour la première fois en 1938.


Le glacier du mont Mallet est vierge, aucune trace. Personne n’est venu le fouler les jours précédents, nous mesurons donc notre chance.

Ski aux pieds nous arrivons à trouver un cheminement entre les crevasses relativement bien bouchées. Chaque virage est une sensation de liberté, car nous savons qu’au vu du contexte, il s’agira des derniers de la saison.



Nous arrivons rapidement au bout du glacier de Lechaux qui alimentait autrefois celui de la mer de glace. Malgré tout le plaisir que nous a procuré cette journée, un sentiment de désolation m’envahit au moment de franchir cet endroit. De plus en plus de débris rocheux, des moraines qui s’effondrent, de la glace qui disparaît… Le paysage change ici comme ailleurs et très rapidement. Pour combien de temps encore ?


Nous retrouvons l’ensemble des personnes ayant parcouru la vallée blanche avec leur guide. Chacun aujourd’hui aura pu vivre son aventure dans cet environnement puissant à l’équilibre fragile. Merci à Tiphaine d’avoir partagé cette aventure ensemble, un très grand moment de ski, de montagne et d’émotions.


Skiez, grimpez, respirez, vivez !








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