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  • Gary ozeray

Retour d'expérience : L'AVALANCHE

Mis à jour : févr. 7

Nous entamons notre deuxième journée de raid à skis dans le massif du Chablais, aujourd’hui la météo annonce de la neige après un mois de janvier anticyclonique.


Le bulletin d’estimation du risque d’avalanches annonce un risque 3, et nous choisissons donc un itinéraire qui présente globalement dans des pentes inférieures à 30 degrés car nous craignons par endroits de grosses accumulations de neige.


L’ambiance est plutôt détendue dans le groupe et nous sommes ravis de voir les flocons tomber de nouveau.


Petit à petit, le vent commence à devenir fort et déplace des quantités de neige importantes. La visibilité devient précaire et rend notre progression aléatoire.

Les reliefs sont difficiles à voir, et à l’endroit où je me situe, la pente est raide. Capuche vissée sur la tête regardant mes spatules je continue ma progression.

Soudainement, un bruit sourd, et puissant me sort de mes pensées. Les pas de Guillaume qui est situé juste devant moi s’accélèrent et je n’ai pas le temps de comprendre ce qui se passe…


Des fissures apparaissent sous mes pieds, tout va très vite…

De manière primaire et individualiste, surpris par le danger je me dégage vers l’avant le plus vite possible ayant compris qu’une plaque friable venait de se déclencher sous notre passage.


Mon coeur s’accélère et l’adrénaline monte. Je jette un regard autour de moi pour comprendre que tous le monde s’en est sorti. Il s’agit de ma première expérience d’avalanche. Clément, à l’arrière du groupe est resté bloqué dans le dépôt de neige.


En un instant, le temps s’est arrêté.



Je retiens une chose essentielle de cette expérience: l’accident nous surprend !


Á aucun moment je n’aurais pu imaginer qu’une plaque se désagrège ici, sous nos pieds car ayant vécu cette même situation des centaines de fois de manière positive mon intuition n’était pas éveillée. Mon mode de vigilance était détendu au lieu d’être alerté.

Pourtant, aujourd’hui nous avons appuyé sur le « détonateur » et amorcé une rupture de couche fragile. Une quantité de neige importante s’est mise en mouvement avec une cassure au sommet de la plaque de plus d’un mètre.

On a eu de la chance : la pente que nous traversions n’était pas continue à plus de 30 degrés.


En ski hors-piste ou de randonnée, en un dixième de seconde on passe de la magie au cauchemar.



Comprendre ce qu'il s'est passé sous nos pieds:


Suite à cette expérience, nous avons observé le manteau neigeux. On remarque très facilement les éléments caractéristiques d'une avalanche de plaques friables: rupture de la couche fragile, propagation de cette rupture, glissement de la plaque.

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